Épiphysique

Ce site est un blog : les articles les plus récents apparaissent en haut de page.

30/7/2004

Le mystère abyssal de l’étrange secret du Big Bang

Filed under: Physique, Bogdanov — Ph. A.-C. @ 9:44 pm

Note liminaire : en dépit de bien des similitudes, le présent texte a été écrit volontairement sans prendre connaissance de celui d’YBM du 25 juillet 2004.

Il ne sera pas vraiment question ici des très grossières erreurs de mathématiques et de physique qui ont été patiemment relevées pour certaines d’entre elles par ailleurs. On se base sur le livre Avant le Big Bang, et sur quelques à-côtés exprimés par les frères Bogdanoff lors de “discussions” publiques à son propos : il n’y sera pas question des thèses des Bogdanoff, ni de l’annexe du livre qui n’a pas de réel rapport avec le reste du livre, ni de sa préface : ces deux derniers sont un mélange d’un plaidoyer pro domo et de règlement de compte d’avec quelque détracteur. On s’intéresse surtout à d’autres aspects autour de ce livre, qui ont trait soit à l’histoire, soit à la philosophie, soit à la sociologie des sciences. Pour ces trois domaines, on sera amené à constater que ce livre apparaît comme plus que problématique.

UN SENSATIONNALISME DE MAUVAIS ALOI

Je me suis amusé à compter, au fil de ma lecture, l’occurrence de tel ou tel mot qui sonnerait bizarre dans tout ouvrage scientifique, même à destination du grand public. Les résultats sont assez surprenants. Bien entendu, puisque je ne dispose pas de la version numérique de ce livre, ces chiffres sont imparfaits : il s’agit d’une large minoration du nombre véritable d’occurrences, car beaucoup ont dû m’échapper. Il s’agit en outre d’un décompte comprenant les mots de même racine (exemple : mystérieusement, mystérieux sont comptés avec mystère).

vertige 12 fois
secret 17
miracle 7
extraordinaire 14
folie 8
fascinant 12
énigme 12
redoutable 7
incroyable 9
effroi 8
stupéfiant 9
merveille 8
miracle 7
surprise 11
inouï 6
et les deux favoris pour la fin :
mystère 59
étrange* 50
(*jamais dans le sens d’attracteur étrange, naturellement)

Et je passe sur abîme, monstrueux, indicible, impensable, phénoménal, terrible, prodigieux, troublant, foudroyant, spectaculaire, éblouissant, étourdissant, colossal, hallucinant, sidérant, indescriptible, inimaginable, terrifiant, titanesque ou insondable, qui tous figurent à une ou plusieurs reprises parmi tant d’autres. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pourtant pas d’une nouvelle de Lovecraft. On le voit, ces répétitions (qu’un bon correcteur ou “adjoint à la rédaction” aurait évitées) ressortissent à des registres bien précis : ceux de la peur et du mystère. Apparemment qu’il faut marteler, parfois à cinq reprises dans une seule page (p.123 par exemple), qu’un effroyable mystère existe ou qu’il faisait peur à Einstein lui-même pour entretenir un suspens dérisoire et faire du remplissage. Plutôt que d’exposer simplement et clairement leur propos, il faut aux deux frères recourir à ce monceau indigeste pour réveiller l’attention du lecteur, qu’ils ont la tenace manie de prendre pour un demeuré lecteur de romans de gare.

UN PLATONISME D’UNE DÉSARMANTE NAÏVETÉ

Leur “idée” selon laquelle 0^0=1 ne laisse pas de surprendre. Tout se passe comme si, pour les Bogdanoff, il y avait une réalité derrière les mathématiques. Mais après tout, il paraît que la plupart des mathématiciens sont platoniciens. Cependant, et c’est ce qui distingue les vrais mathématiciens des Bogdanoff parmi mille autres choses, eux sont bien conscients du caractère conventionnel des mathématiques. Il n’y a pas une axiomatique, il y en a une quantité. Des choix conventionnels tels que 0^0=0, 1, est une forme indéterminée, autre chose encore, sont faits afin de servir à l’objectif particulier que le mathématicien a en vue à ce moment-là. C’est la plupart du temps un choix contingent, qui bien entendu ne dit rien sur le monde.

Car les relations entre physique et mathématiques semblent bien étranges chez les Bogdanoff. La physique a nécessité qu’on forge des outils mathématiques pour elle depuis bien longtemps à présent. Pour les Bogdanoff, il semble que la physique révèle les mathématiques vraies. La notion de modèle physique est d’ailleurs quasiment absente de leur livre et pour cause puisqu’il dit l’ultime Vérité… Les choix jamais justifiés de telle théorie mathématique plutôt qu’une autre (sinon par des choses presque comme “cela convenait bien à nos intuitions") montrent que les Bogdanoff procèdent à l’inverse des grands découvreurs en physique qui depuis au moins un siècle ont suscité la création de nouveaux outils, plutôt que de piocher dans un bric-à-brac selon les goûts, l’humeur et le temps du jour.

Quant à leur idée de relier le nombre de “sortes de nombres” tels qu’ils les décomposent avec le nombre des dimensions physiques, on se demande s’il faut y insister davantage. Là aussi, ce découpage résulte d’une convention, et il y a bien sûr bien d’autres manières de construire les réels qu’en partant des entiers puis en passant par les rationnels, sans compter les autres variétés de nombres qu’on pourrait et a pu imaginer. Mais quid du rapport entre ce découpage contingent et celui, nécessaire, des dimensions de l’espace-temps ? Pour qui voudrait en savoir plus sur ce sujet, il n’aura droit qu’à cette note : “Nous analysons en détail cette passionnante correspondance entre dimensions physiques et dimensions numériques dans un article scientifique destiné à une revue de théorie algébrique” (p.133, note 1) Tiens donc, dans “une revue de théorie algébrique”, un article “scientifique” ? Moi qui croyais qu’on n’y trouvait que des horoscopes et des recettes de cuisine. Toujours est-il qu’on n’en saura pas davantage sur cette mystérieuse revue, pas plus que sur les propriétés mystérieuses du chiffre 4 à travers la physique, les mathématiques ou pourquoi pas l’astrologie tant qu’on y est.

UNE CONCEPTION SIMPLISTE DE L’HISTOIRE DE LA PHYSIQUE

Il y a apparemment d’autres héros que les deux frères dans ce livre à leur gloire : les scientifiques qui les ont précédés – et qui devaient conduire à eux. Ce ne sont que des grand X, immense Y, génial Z un peu partout :

Le “légendaire Erwin Schrödinger” (p.266)
Le “grand Friedmann” (p.250)
Le “grand physicien Yang” (p.152, non, pas lui, l’autre)
“David Hilbert, autre esprit incroyablement doué” (p.78)
“Lord Kelvin, sommité de la science britannique” (p.76)
etc, etc, etc.

Pourquoi cette avalanche permanente et apparemment flatteuse de qualificatifs ? Saura-t-on pourquoi l’un est seulement grand tandis que l’autre est gigantesque ? Pour ne prendre qu’un exemple, les fréquentes références à Einstein tendent à le montrer, pour génial qu’il fût, comme un clown qui passait son temps à sortir des phrases sans intérêt ou à réagir absurdement et jalousement.

  • Citations attribuées à Einstein :
  • “l’idée de cette équation a sorti tout droit d’un génie !” (p.266)
    “Le non-mathématicien est saisi d’un frisson mystique quand il entend parler de “quatre dimensions” , un sentiment que produit en nous le fantôme du théâtre. Et pourtant, rien n’est plus banal que l’affirmation que le monde dans lequel nous vivons est un continuum d’espace-temps à quatre dimensions.” (p.84)
    “On comprend pourquoi Einstein répétait souvent que les erreurs de calcul peuvent coûter très cher.” (p.183, n.1, heureusement que c’est Einstein et pas un enseignant de 6e qui prononce ces fortes paroles)

  • Comportement d’Einstein :
  • “Lorsqu’il a découvert ce fameux article, on raconte qu’Einstein, furieux, a commencé par le jeter au sol, l’a piétiné avec rage, avant de reprendre ses esprits et, enfin, de le lire plus calmement.” (p.87)
    Einstein “n’avait qu’un seul but (sic) : préserver à tout prix le caractère statique de l’espace-temps.” (p.85)
    “ce scénario inconcevable a effrayé les plus grands, Albert Einstein en tête. Littéralement glacé à l’idée que l’Univers puisse ne pas être éternel, le grand savant avait donc décidé de forcer ses équations en y rajoutant un terme qui n’avait rien à voir avec ses alculs : la “constante cosmologique"” (p.62)

    Les Bogdanoff semblent n’avoir retenu de lui que des citations et des anecdotes insipides, sans intérêt, mais qui sont censées appuyer soit l’importance de telle idée contemporaine, soit la victoire des Bogdanoff sur ses conceptions étriquées. Il n’y a presque aucune allusion à ses travaux scientifiques, et on croirait cette Vie d’Einstein extraite de la célèbre bande dessinée de Goossens, l’humour et le talent en moins.

    D’autres sont encore plus maltraités, parmi les mathématiciens : Galois est résumé à une anecdote sur ses derniers mots (p.80) et on apprend qu’avec une absurde solution de continuité, c’est Poincaré qui en “saisit l’extraordinaire portée". On ne peut que conseiller aux Bogdanoff d’ouvrir un livre d’histoire des mathématiques du XIXe siècle. Pire encore, à propos de Cantor : le ridicule pathos “génie implique folie” trouve un nouveau moyen de s’exhiber, et à deux reprises : c’est l’effroi de ses découvertes qui l’a rendu fou. Alain Connes, “saisi d’effroi devant l’existence même de [leurs] recherches” (p.69) risque-t-il le même sort ? Après tout et pour les mêmes raisons, Gödel se serait laissé “mourir de faim"…

    Tout est à l’avenant : la plupart des scientifiques, malgré ou plutôt à cause des épithètes homériques suffocantes dont ils sont tous affublés, semblent des pantins décérébrés. Ils sont devenus, sous la plume des Bogdanoff, ce qu’on appelle communément des faire-valoir. Quand les Bogdanoff font référence à leur production scientifique, on n’en apprend souvent guère plus que tel savant était grand parce qu’il était grand, point. Mais l’important, dans cette histoire idiote de la science parsemée d’immenses génies, est qu’elle doit être présentée comme étant orientée vers un but, ce qui nous amène au point suivant.

    UNE UTILISATION DES SCIENCES TOURNÉE VERS L’AUTO-PROMOTION

    Le sensationnalisme mentionné ci-dessus se retrouve malheureusement dans beaucoup d’ouvrages de vulgarisation – quoique à une échelle moindre : personne, sauf dans des livres sur les OVNI ou le mystère des grandes pyramides, n’utiliserait une telle débauche répétitive de mots creux mais aguicheurs. L’appel à la grandeur, à la hardiesse, au génie des scientifiques du passé ne fait pas non plus défaut. Les livres de Ian Stewart ou de Singh pèchent par exemple souvent par là et sont de ce fait parfois pénibles à lire. Mais il y a une immense différence d’avec le livre des Bogdanoff : ces livres relatent des aventures intellectuelles qui n’ont pas engagé leur auteur ! La seule utilité de souligner à de multiples reprises qu’Einstein est grand, immense, gigantesque, ne vise qu’à laisser entendre que les Bogdanoff l’ont malgré tout surpassé, et dans un domaine qui supposément l’effrayait… Les prix Nobel de physique ne sont vus qu’en relation avec les deux frères, quitte à trouver des relations particulièrement tordues pour établir un lien, par l’intermédiaire d’untel qui était l’élève du Nobel et dont la cousine est la concierge de Grichka (j’exagère à peine). Ainsi p. 186, une chercheuse du MIT nous vaut cette précieuse note : “Roman Jackiw, examinateur de la thèse de I.Bogdanoff, est professeur au MIT". Peut-on savoir ce qu’on en a à faire ? Que veulent-ils dire, que tous les professeurs du MIT convergent eux aussi mystérieusement vers les Bogdanoff ? Quant à l’appel sempiternel au mystère et au secret, il est clair que c’est au passé qu’il faudrait en parler puisque les Bogdanoff, est-on censé comprendre, les ont dissipé ou résolu… Quand Singh s’extasie par contraste dans son livre sur le théorème de Fermat, c’est pour faire l’éloge de Wiles, pas le sien propre. Au style insupportable (et ici, paroxystiquement insupportable) s’ajoute donc cette volonté maladroite de tout ramener à soi, de faire son propre éloge, comme si toute la physique moderne non seulement se dirigeait téléologiquement vers les thèses des Bogdanoff, mais y trouvait quasiment son point final.

    L’ART DE “FAIRE SCIENTIFIQUE”

    Ici il ne s’agit plus spécifiquement du livre mais de tout ce qui tourne autour : il s’agit plutôt de sociologie des sciences. C’est de l’apparat autour de la science qu’il est question. Peu importe la science, il faut aux Bogdanoff faire comme s’ils en étaient. Ce ne sont que références lourdes aux referees des revues, au circuit de la publication d’articles, au droit de regard des pairs, etc. Seulement voilà : ils n’en font pas partie, et cela se voit un peu trop, ne serait-ce que par leur insistance à se vautrer dans la description de l’extérieur du travail de chercheur.

    A priori l’entreprise des Bogdanoff avait pourtant tout pour être sympathique. Même leur maladresse pourrait susciter l’indulgence. Après tout ce n’est pas tous les jours qu’une personne dans la force de l’âge décide de reprendre ses études et d’accumuler les diplômes nécessaires à l’inscription en thèse. Et lorsqu’ils veulent nous indiquer p.63 l’adresse de “l’un des sites scientifiques les plus en vue d’internet”, et qu’ils nous renvoient en note à l’adresse… http://www.google.fr/search, on a envie de les consoler et de leur dire : mais oui, quand vous serez grands, vous serez de grrrands scientifiques.

    Mais cette bonhomie n’a qu’un temps. Ce qu’on pourrait prendre pour une touchante candeur n’est qu’une accumulation de maladresses, d’ignardises et d’incompétences, car leur comportement par ailleurs dénote tout autre chose que de la candeur. L’insistance qu’ont les Bogdanoff à se référer aux rapports de leurs thèses s’adresse évidemment à un public peu familier de ce genre de littérature. Quiconque en a lu un certain nombre sait que jamais ils ne sont à prendre au sens littéral, et qu’il faut lire entre les lignes. De la même manière, et pour des raisons institutionnelles évidentes, ces rapports ne sont jamais littéralement négatifs : c’est le directeur de thèse qui serait sinon remis en cause. Pour qui en revanche sait lire ces rapports, et même quand ils sont amputés des phrases nettement désobligeantes ainsi que procèdent très malhonnêtement les Bogdanoff, ils apparaissent comme sinon très négatifs, au moins très réservés quant à la valeur de ces thèses. Leur aigreur souvent répétée vis-à-vis du directeur du troisième cycle de l’X, qui a eu la prescience de redouter le cirque médiatique engendré par ces deux-là, montre aussi à quel point ils sont avides de reconnaissance institutionnelle : quoi de plus clinquant que Polytechnique dans ces cas-là ?

    Pour continuer dans l’esbroufe et faire croire au grand public qu’ils sont du sérail, ils annoncent p.119 “préparez-vous aussi à découvrir des mots dont vous n’avez jamais entendu parler. Par exemple, pour être à l’aise dans la physique théorique d’aujourd’hui, il faut jongler avec des choses aussi arides que les “produits bicroisés cocycliques", les théories des “Branes à n dimensions” […]” Or sauf erreur, ces expressions précises ne figurent à aucun moment dans la suite du livre. Qu’importe, il s’agit de jeter des mots à l’apparence savante à la figure : vieille méthode de mystificateurs.

    À QUI S’ADRESSE CE LIVRE ?

    On a du mal à répondre à cette question. Il ne s’agit évidemment pas d’un livre pour des chercheurs du domaine : il s’agit de vulgarisation, personne ne le niera. Reste à savoir pour qui est faite cette vulgarisation. S’agit-il d’un public instruit, typiquement de l’amateur cultivé ayant fait des études et désireux de garder un lien avec la science contemporaine ? Dans ce cas, les bourdes relevées, mais aussi la sottise manifeste de l’historiette bleue des sciences qui sont proposées ne pourrait que le lui faire jeter au loin. À des étudiants, en science ou non ? Dès lors, pourquoi les Bogdanoff s’attarderaient-ils sur des notions élémentaires comme les nombres complexes, au programme du lycée pour toutes les filières, sinon pour s’en extasier d’une manière qui ne pourrait à la rigueur qu’intéresser par la surprise de ce mot d’imaginaire un élève de troisième ou de seconde, et que les Bogdanoff, ces grands enfants, adorent mettre en italiques ? Mais même dans cette hypothèse, pourquoi les seules expériences de pensée que les Bogdanoff arrivent à formuler, à plusieurs longues reprises, consistent-elles en des imaginations de changement d’échelle, soit d’espace soit de temps ? Un élève de troisième a forcément lu quantité de fois ces imaginations de soleil réduit à la dimension d’une orange afin qu’on lui illustre les dimensions des planètes et du système solaire dans ces conditions : la première fois que j’en ai entendu parler, et expliqué sur beaucoup moins de pages puisque c’est élémentaire, je devais avoir six ans et c’était dans le Journal de Mickey. Il faut donc encore remonter dans le temps, mais on se heurte alors à une barrière infranchissable, à moins que les deux frères ne théorisent mathématiquement cette période paradoxale : leur livre semble devoir rationnellement n’avoir pour tous lecteurs que des bambins qui ne savent pas encore l’alphabet.

    En conclusion ce livre n’est vraiment pas (lui non plus) transcendant. Plus subjectivement, je tiens ce livre pour le plus mauvais livre de vulgarisation scientifique que j’aie jamais lu, toutes disciplines confondues, et ceci même en faisant abstraction des bourdes risibles qui le parsèment. À ce titre et pour les raisons exposées ci-dessus, il était intéressant d’y passer un peu de temps, car il est symptomatique non du fonctionnement des sciences dures, puisqu’il n’a justement pas grand-chose à voir avec elles, mais du rapport que notre époque entretient avec la science – et accessoirement, du fonctionnement actuel de l’édition et du monde médiatique en général. Tandis que Sokal avait volontairement montré l’imposture régnante, c’est là un témoignage involontaire de cette même imposture.

    Nedstat Basic - Free web site statistics Personal homepage website counter

    3 Comments »

    1. J’ai lu avec intérêt votre article alors que j’avais entamé la lecture de “Avant le Big Bang". Ce que vous écrivez a confirmé le sentiment que j’avais depuis que j’avais entamé cette lecture. Dès le début, j’avais été agacé par le fait que les auteurs ne manquaient jamais une occasion de parler de tel ou tel scientifique dans la mesure où cela leur permettait de se mettre personnellement en valeur. Un tel manque d’humilité m’est vite apparu suspect surtout de la part de personnes qui touchent à des domaines aussi métaphysiques, c’est à dire qui nous amènent à prendre conscience de notre infime condition au regard de l’univers. C’est le même emballage que l’émission de télévision récemment diffusée : un emballage techno-scientifique rutilant (Ah, la belle 3D, les belles images de synthèse) et au bout du compte, rien à apprendre. De l’esbrouffe, rien que de l’esbrouffe.
      Par ailleurs, bien que mon niveau scientifique soit proche de celui d’une amibe redoublante, j’ai lu quelques ouvrages de vulgarisation qui m’ont largement plus appris de choses que celui-ci, notamment ceux d’Huvert Reeves et de Stephen Hawking, même si je n’ai pas la prétention de les avoir entièrement compris.
      Fort heureusement, celui-ci, je l’avais pris à la bibliothèque, je ne l’avais pas acheté …

      Comment by ZnarF Niram — 20/10/2004 @ 10:50 pm

    2. Texte stupéfiant, d’une pertinence inouïe. J’ai emprunté le livre par curiosité après avoir suivi l’affaire Bogdanov sur les forums internet. Je savais à quoi m’en tenir, mais le mélange de candeur, d’autopromotion et de manipulation des deux jumeaux compose un cocktail vraiment hilarant, qui serait pathétique s’il n’était pas avant tout malhonnête.

      Comment by V. P. — 28/1/2005 @ 3:48 pm

    3. Merci de nous avoir livré cette longue réflexion sur le “néant abyssal” du livre des bogdanov brothers qui vous tombe des mains au bout de 10 mn de parcours.
      J’avoue que le courage m’en aurait manqué. Donc merci et bravo de l’avoir fait.
      Quand on pense que cela doit faire pas loin de 30 ans que l’on assiste, impuissant, à la parade pseudo scientifique mais très médiatique de ce duo de charlatans cathodiques.
      Sans la TV les bogdanof auraient ils pu faire ce livre ? Certainement pas.
      Comment ces gens là peuvent ils réussir à s’incruster dans ces crénaux lucratifs et depuis si longtemps. Mystère !
      Voilà qu’à mon tour j’utilise ce mot favori de 2 frères !!

      JCC.

      Comment by JC Calba — 31/12/2005 @ 6:36 pm

    RSS feed for comments on this post.

    Leave a comment

    Line and paragraph breaks automatic, e-mail address never displayed, HTML allowed: <a href="" title="" rel=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>

    (required)

    (required)


    Anti-spam quizz : 7 + 5 =

    Contact : epiphysique@yahoo.fr
    Powered by WordPress